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Les graves en majesté

17 février à 20h – Salle Molière, Montpellier
Matthieu Ané (né en 1979) : « Gibraltar » pour Basson et Piano – Création Mondiale – Rodolphe Bernard, Basson ; Galina Soumm, Piano
- G.F.Haendel (1685-1759) : Sarabande
- J.S.Bach (1685-1750) : Choral
- Tielman Susato (1510-1570) : Allemaingne VI
- Franz Schubert (1797-1828) : Extrait du quatuor « la jeune fille et la mort
- Dmitri Borniansky (1751-1825) : Tibie Poem
- Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Danse des sauvages extrait des « Indes Galantes »
- Antonin Dvorak (1841-1904) : Largo de la Symphonie du Nouveau Monde
- Gustave Malher (1860-1911) : « Urlicht » Extrait de le symphonie n°2 « Résurrection » Bass Boys : Mathieu Salas, Tom Gélineaud, Quentin Wattincourt, Jean Ané, Martin Caro, Félicien Moisseron, Contrebasses
Jean-Marc Fouché (né en 1965) : « Les danses du destin » pour piano solo – Création Mondiale. Anne Pagès, piano
Alfred Schnittke (1934-1998) : Hymnus II pour violoncelle et Contrebasse Cyrille Tricoire de Haro, violoncelle ; Tom Gélineaud, Contrebasse
Note d’auteur de Matthieu Ané pour « Gibraltar »
Pièce de concert pour basson et piano de forme lent-vif-lent avec cadence du basson.
On retrouve dans cette pièce colorée des ambiances hispanisantes se mêlant à une écriture influencée par les compositeurs français « impressionnistes » du début du XXe siècle comme Debussy, Ravel.
Très jeune, je retenais le nom de Gibraltar comme une porte d’entrée vers l’Afrique et ce lieu évoquait pour l’enfant naïf que j’étais tout un imaginaire fantasmagorique et exotique empreint de mystère et de créatures méconnues. J’étais loin d’imaginer le gros « cailloux » aride… Pourtant même adulte, l’empreinte mystérieuse est restée et ce nom résonne toujours en moi comme un lieu singulier.
C’est donc ma vision d’enfant que dépeint cette musique avec ce sentiment mystérieux qui ouvre et clôt la pièce mêlé à une lente mélodie doucement expressive.
La partie centrale, à l’allure plus marine, plus allante et balancée sur un rythme ternaire à 12/8, évoque une sensation de la brise et de la contemplation de la mer vue du sommet de l’île. Elle entame un long dialogue entre les deux instruments qui s’achève sur une coda tourbillonnante.
La dernière partie reprend le mystère du début de la pièce et peu à peu s’éteint sur une note sereine et nocturne dans une nature douce et accueillante…
Note d’auteur de Jean Marc Fouché pour « Les Danses du Destin »
« Les Danses du Destin » (op.36) : Peut-être davantage danses spirituelles que danses physiques au sens littéral, cette pièce en rassemble sept assez distinctes, tout en restant une entité en elle-même. C’est donc un recueil chorégraphique autant qu’un recueil de sentiments. Sept titres et sous-titres sont précisés sur la partition. La première, qui se nomme « La Mélancolique » (La Ballade chez Oscar), nous plonge instantanément dans l’univers du jazz par sa construction harmonique clairement empruntée au style. Courte, presque inachevée, elle est comme une incursion fugace dans ce monde parallèle, une balade dans la Ballade, tout en ayant la fonction d’introduction de toute la pièce. La deuxième danse, « La Danse de l’Esprit » ou « Cogitation » s’enchaîne à la première en un flot de pensées qu’évoque cet ostinato rythmique de doubles croches, dont s’échappe un thème égrené construit dans un long crescendo de notes répétitives et presque obsédantes, comme une réflexion qui nous conduit immuablement vers une destinée redoutée… terminant dans une dégringolade mélodique pourtant plus bienveillante que prévue.
L’enchaînement avec la troisième danse (« La Romantique » ou « Carnet de Vol ») s’effectue donc en douceur. Plus expressive et moins rythmique que la précédente, comme un moment d’apaisement, un vol au dessus des nuages, elle n’est pas sans rappeler la thématique utilisée dans la première danse.
Mais l’accalmie n’est pas pérenne, et « La Danse de l’Esprit » se fait réentendre dans le quatrième chapitre, conservant son nom et sa structure ; seul le sous-titre est un peu modifié et passe de Cogitation à Co-agitation. Et cette fois-ci, sa conclusion est claire et sans appel.
La partie suivante (la cinquième) se nomme « L’Insouciante » (La Tarantella). D’un caractère très gai (puisqu’il s’agit d’une tarentelle), elle est précédée d’une courte introduction, comme pour laisser le temps aux danseurs de se saluer. Mais à peine installée et son développement juste évoqué, elle est interrompue elle aussi par une petite phrase mélodique comme fuyante.
La danse n°6 est « La Danse Facétieuse » ou « La Farandole des Casseroles ». C’est un allegro assez métronomique et sans beaucoup de variations rythmiques qui évoque une sorte de marche rapide, elle aussi assez gaie de caractère, et plutôt sûre d’elle. Elle se termine quand même dans un accelerando qui va balayer sans détour toute idée d’installation dans cette ambiance et qui va déboucher sur un tout autre style de danse d’une autre classe. Un petit glissando nous téléporte dans un autre monde…
Ainsi arrive « La Danse de la Séduction » (Tango), qui sera la septième et dernière partie de ce recueil. Comme l’indique le sous-titre, il est clairement question ici de tango argentin, avec ses cellules rythmiques caractéristiques. Le décor est posé, et là aussi, après l’exposition de la thématique initiale, un début de développement est proposé par le biais d’un fugato conduisant à une respiration, puis à une pensée un peu mélancolique venue d’ailleurs et écrite dans un autre style… Mais le tango fougueux reprend le dessus pour conclure sans détour ce recueil de danses inachevées.
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